dimanche 10 mai 2009
en vrac : Gilgit - Skardu - Khapalu - Gilgit - Karimabad
en vrac: Karimabad - Passu - Sost - Khunjerab - Sost - Tashkurgan
dimanche 3 mai 2009
Gilgit- Chalt Chalt - Minapin Minapin - Karimabad
Une vingtaine de kilomètres plus loin, nous croisons deux frères français de retour de Karimabad. Pour clôturer un an de travail en Australie, ils ont entrepris, après avoir traversé la Malaisie et l’Inde, de rentrer en France en vélo depuis Delhi. Cependant leur itinéraire diffère du notre.
Nous plantons la tente un peu plus loin perdu au milieu de la rocaille et loin de toutes habitations. Nous ne serons, pour une fois, pas réveillés par les appels a la prière pas toujours mélodieux.
Le lendemain, a la suite d'une pause déjeuner dans une station service, nous découvrons à plus de 6000m au dessus de nos têtes le sommet étincelant du Rakaposhi. Nous ne le quittons pas de toute la journée et décidons de grimper à pieds un de ses versants.
Nous traversons quelques pâturages, suivons un canal d'irrigation et enjambons une portion rocailleuse pour, quelques heures plus tard, arriver au pied du glacier.
D'un tour d'horizon nous pouvons apercevoir les pics acérés de ce dernier, les amas de neige accolés aux différents versants et les pics massifs jouxtant le Rakaposhi qui domine la scène avec ses 7788m d'altitude...Ce vendredi, a la suite de travaux sur la KKH, nous empruntons une piste parallèle a cette dernière. Plus de 15000 ouvriers travaillent tous les jours, et ce jusqu'en 2014 si tout va bien, à agrandir la route et à la protéger des éboulements. L'objectif étant de favoriser l'écoulement des produits chinois sur le sol Pakistanais. Le gouvernement chinois finance d'ailleurs 75% du coût de l'opération. Du point de vue économique les bénéfices du chantier sont indiscutables (en tout cas pour une partie de la population) mais les séquelles paysagères risquent d'être profonde.
Le début de journée est plutôt musclé : nous passons de 2029m a 2485 m d'altitude en moins de 7km. Le tout sur une couche sablonneuse.
La suite fut du même acabit : une descente rocailleuse zigzagant entre les champs, les maisons et les ruisseaux sans trop prendre de risque.
De retour sur la KKH (par une montée impossible ou nous avons tout à tour mis le pied à terre pour finir par pousser le vélo) nous suivons la vallée verdoyante avant d’affronter les 300m de dénivelés qui nous s’éparent de notre destination.Arrive a Karimabad, Gaël a du mal à cacher sa déception. Nos ne sommes évidemment pas les premiers a découvrir l'endroit. Le village suinte le tourisme de toute part (antennes GSM, boutiques souvenirs, hôtels, etc.).
Néanmoins le paysage est splendide et l'hospitalité exemplaire.Aujourd’hui nous projetons un trek d'un jour avant de continuer notre route le long de la KKH en direction de Passu ou nous nous arrêterons sans doute pour une nouvelle escapade.
A très bientôt
Adrien, François et Gaël
vendredi 1 mai 2009
Bien le bonjour des hauteurs du Gilgit Baltistan
Cela faisait un certain temps que nous faisions plus ou moins du sur-place pour diverses raisons et que nous trépignions a l'idée de nous retrouver dans les montagnes du Nord Pakistan, ce voeu est désormais réalité et c'est gorgés d'air pur et de bonne humeur que nous vous envoyons ces premières nouvelles.
Avant toute chose, nous tenons a rassurer tout le monde quant à la situation sécuritaire des régions que nous avons traversées et traversons : il n y a aucun problème taliban ou autre là où nous sommes. Nous suivons avec inquiétude les nouvelles des autres régions de ce magnifique pays mais nous ne sommes pas concernés directement par les évènements qui peuvent s'y passer.
Un mot d'explication s'impose avant tout : le passage par le Pakistan a été fortment motivé par la route reliant Islamabad a Kashgar (Chine) en serpentant a travers l'Himalaya à savoir la Karakoram Highway (KKH). Cette route est mythique (paysages magnifiques et intérêt historique dans le réseau des routes de la soie) et beaucoup de cyclistes globetrotters nous l'on fortement conseillée. Notre idée etait donc de parcourir cette route sur tout son long mais la situation du pays étant ce qu elle est, nos ambitions ont finalement été revues à la baisse. En effet, certaines portions de cette route (plus précisement entre Besham et Chilas) nous ont été déconseillées à plusieurs reprises : la route passe à cet endroit à côté de la vallée de la Swat ou règne à présent la loi de la sharria, le Kohistan est apparemment une région où l'islamisme sunnite est très orthodoxe et pas très ouvert aux étrangers. Même si un certain nombre d'autres sources nous ont dit que c'était faisable sans problème, nous avons préferé jouer la sécurité et ne pas nous aventurer dans des endroits ou nous serions éventuellement malvenus. Cela nous a fait rater une partie non négligeable de la KKH mais nous nous sommes réconfortés en remplacant ce passage par une autre grande promenade dans le Baltistan. N'étant pas en avance sur le programme, nous avions déjà décidé de zapper le Punjab pakistanais trés peuplé et ne présentant pas un intérêt majeur au niveau des paysages (surtout que nous sortions du Punjab indien, par certains aspects similaires). Toutes ces préoccupations et la volonté d'être au plus vite dans les montagnes (la chaleur et le côté oppressant des indiens nous faisaient rêver a de grands territoires deserts et frais) nous ont amenés a prendre deux bus sur une longueur de 800km, de Lahore a Gilgit.
Le vendredi 17, nous avions donc reservé un bus pour Mansehra, nous nous étions arrangés avec la compagnie pour les vélos et tout semblait rouler parfaitement mais en arrivant a la gare des bus après une heure de vélo entre 22 et 23 heures dans les rues encore trop bondées de Lahore, nous n'avons pas pu mettre nos vélos dans le bus faute de place, le bus suivant ne nous apporta pas plus de satisfaction... C'est donc découragés et fatigués, après deux heures de vaines tentatives que nous nous sommes resignés à regagner notre hôtel, bien decidés à repartir le plus tôt possible. Mais le lendemain, les virus en avaient décidés autrement clouant à nouveau au lit un de nous trois. Ce n est que le surlendemain au soir que nous avons finalement réussi à quitter Lahore, heureux comme tout d'avoir enfin su faire ce pas décisif. Ce premier bus nous emmena jusque Mansehra où nous devions prendre un bus 'directement' (ce fut en fait 10 heures plus tard) pour Gilgit. Le voyage ne fut pas des plus reposants : 40 heures au total nous faisant sauter deux nuits avec très peu de possibilités de repos (inconfortabilité du premier bus jusque Mansehra et état de la route ensuite nous faisant continuellement bouger voire sauter dans tous les sens). C est donc extenués mais contents que nous voyons apparaitre à l'aurore du mardi matin, les immenses montagnes himalayennes que traverse la KKH.
Bien qu'étant habitués à la roche aux faucons de Plainevaux (c'est pour dire l'instinct montagnard), le choc fut quand même entier en découvrant ces immenses pans verticaux défiant toute gravité et à côté desquels on se sent vraiment tout petit, remis a sa place en quelque sorte. Après une journée de repos bien meritée, nous enfourchames nos bêtes ce mercredi 20 avril de bonne heure pour nous lancer dans l'exploration vélocipédique de ces belles montagnes.
Les décors sont vraiment impressionnants et les choses à regarder sont tellement nombreuses que les yeux ne savent plus où se poser : il y a le fleuve Indus en fureur tout en bas, des roches partout et des pics enneigés. La route que nous empruntons alors, celle reliant Gilgit a Skardu est tout simplement magnifique et variée. De plus, cette route est peu frequentée et les villages parcourus pour le moins authentiques, parfois reliés au reste du monde par un unique câble auquel les autochtones suspendent un petit charriot leur permettant de traverser le furieux Indus. Au milieu de paysages de pierre parfois fortement désertiques, les villages apparraissent comme des oasis de vert au milieu de tout ce gris, le contraste est frappant et magnifique.
Evidemment, les denivellés sont également de la partie et c'est même plutot difficile par moment mais cet aspect fait partie intégrante de notre projet et nous sommes souvent récompensés au dessus des côtes par des points de vue sublimes.Il nous faudra trois jours pour rejoindre Skardu, ville installée dans une grande vallée toute plate (du plat? on avait oublié que ça existait!), ce qui permet de donner un panorama assez incroyable sur les pics environnants. Le lendemain, nous monterons jusqu au lac de Sadpara, à seulement dix kilometres de Skardu. Alors que l'aubergiste nous avait assuré que la route était facile et plate, c'est en réalité une route de terre et de pierre nous faisant monter de 500 metres d'altitude en 9 kilomètres... Sacré sens de l'humour cet aubergiste...
Après une nuit de camping au bord du lac, nous redescendons vers Skardu avant de prendre la direction de Khapalu. A nouveau, la route est magnifique bien que très différente de celle nous ayant conduit a Skardu : les chemins sont moins escarpés, la rivière (d'un bleu azur incroyable) apparait maintenant bordée de galets ou de plages de sable alors qu on ne pouvait l'apercevoir auparavant qu au fond d un gouffre profond. Il nous faudra deux jours supplémentaires pour rejoindre Khapalu, petite ville bien sympathique. Le lendemain, nous retournerons a Gilgit, une partie de la route se fera a l'arrière d un pick-up (très agréable) et une partie serrés dans un minibus (moins agréable).
Pour ce qui est du bivouac, nous dormons souvent en tente soit dans les jardins d'hôtel soit là où nous trouvons l'endroit agréable, c'est cette deuxième solution que nous préferons : c'est vraiment un plaisir de simplement planter la tente là où on se sent bien et de se réveiller en pleine nature dans des endroits paradisiaques.
Tout se passe donc pour le mieux et on espère que tout va bien de votre côté également. Même si ça peut apparaitre comme un pied de nez, nous tenons vraiment a souhaiter bon courage a ceux qui étudient pour leurs examens. Pour agrémenter leur pause, nous avons élaboré une rubrique speciale dans les photos : "Où est Charlot?" : inspiré du célèbre livre "Où est charly", il vous faudra retrouver un de nos trois gugus sur la photo, il y en a des faciles et des carrément impossibles ou même nous ne nous retrouvons pas.
Plein d inspiration et une bourlingue en amenant d autres, nous sommes déjà fulminant de nouveaux projets saugrenus et rocambolesques, voici les deux premiers de la serie :
- Liege - Londres en pedalo : c'est carrément faisable, on suit la Meuse, on traverse la Manche et on remonte la Tamise (une baleine l'a fait il y a quelques années, pourquoi pas nous?)
- Sommet du K2 - Islamabad en kayak : le kayak descend tranquilement les pentes enneigées du K2 avant d atterrir dans le plus que paisible Indus où il suffit alors de se laisser porter par les flots jusqu a Islamabad (bon... pour celui-ci, essayez quand même de nous en empêcher si vous nous entendez en parler sérieusement).
Sur ce, nous vous souhaitons plein de bonnes choses,
a bientot.